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Nous avions découvert Raphaël Vicenzi, alias mydeadpony il y a quelques semaines avec l’article un jour, un artiste : Raphaël Vicenzi.
Découvrons plus en détails cet artiste hors du commun. Raphaël a accepté de répondre à quelques unes de mes questions et de vous partager ses derniers travaux.
RV – « Bonjour, je m’appelle Raphaël Vicenzi aussi connu sous le nom de mon site mydeadpony.
J’habite à Bruxelles en Belgique. Je suis autodidacte et j’avais simplement une très grande passion pour l’illustration et le graphisme en général. Je n’ai jamais été encouragé par mes parents pour faire une carrière artistique. J’ai commencé sur le tard après avoir été grandement impressionné par le magazine Raygun et sa mise en page expérimentale.
Je parle comme un « vieux » mais il faut se rendre remémorer qu’internet commençait tout juste et cela m’a permis de découvrir ce qu’il était possible de faire avec un logiciel de retouche d’images. »
RV – « J’ai beaucoup travaillé avec le logiciel Illustrator à mes débuts puis avec Photoshop par la suite. Mais je dois avouer qu’il a été très difficile pour moi de me forger un sens graphique vu que j’ai dû tout apprendre sur le tard. J’ai persévéré, sans trop savoir ou ça allait me mener.
Au début, je voulais juste tenter le coup, trouver une façon visuelle de m’exprimer, sans trop espérer être reconnu ou de pouvoir en vivre un jour. Ça s’est développé au fur et à mesure, à force de mettre mes travaux en ligne jusqu’à ce que je rejoigne Colagene, mon agence d’illustrations. J’ai travaillé avec eux pour de nombreux clients. »
RV – « C’est toujours surprenant et agréable de voir que mes travaux méritent qu’on en parle.
J’aime bien lire ce que les gens en pensent car c’est toujours intriguant et souvent très juste.
J’en apprends beaucoup sur mes propres travaux car j’ai toujours un mal fou à expliquer ce que je fais.
C’est peut être une forme de pudeur. »
RV – « C’est extrêmement difficile de parler de mon propre travail car je ne suis pas trop intéressé par une approche intellectualisée ou conceptuelle de ce que je fais.
J’utilise mes différentes attirances pour l’illustration de mode, le collage, le graphisme, le street art pour enrichir mes influences visuelles et y puiser mes propres idées. Je laisse toutes ces inspirations me guider afin de réaliser des travaux qui me correspondent le plus possible. C’est le plus souvent à mon insu que certaines connections se font. Je ne peux retranscrire que partiellement les images qui se forment dans mon esprit au fur et à mesure que je compose l’image.
Je ne pourrais pas cataloguer mes travaux car je manque de recul personnel pour y répondre. »
RV – « C’est vaste et varié, en vrac : poster rock américain, illustration de mode, le street art, le graffiti, le stylisme, David Carson, Tom Bagshaw, Soey Milk, Stina Persson, Daniel Egneus, et enfin la musique hardcore/ le métal, stoner rock, cold wave, ou encore le punk. »
RV – « Assez souvent, j’essaie de comprendre le processus de mes anciennes illustrations car j’ai l’impression d’avoir oublié comment j’en suis arrivé là.
Disons qu’avant, je partais d’une idée précise et je mettais en places les éléments pour s’approcher de cette idée ; mais actuellement, même si je continue à prendre énormément de notes sur mes idées, je suis plus dans une phase de « on verra bien ce qui se passe » quand je débute. Je pars plutôt sur une envie d’explorer une texture ou des éléments que par une approche plus structurée.
J’essaie d’aller au plus simple, sans désir de rechercher la technique la plus compliquée qui soit.
J’utilise des scans de textures, des images trouvées ou scannées, des gradients, des masques…rien de bien compliqué.
Je ne fais pas souvent de sketches ou autres, si ça marche, je continue, sinon je passe à autre chose. A vrai dire 99% de mes travaux sont des expérimentations qui ressemblent à un projet fini. »
RV – « C’est très difficile pour moi de répondre à ça. Pour le moment certains collages digitaux que j’ai réalisés sont plus proches de ce que je ressens actuellement. Cependant, parfois quand je revois d’anciens travaux je me dis que ce n’est pas si mal, même si je serais bien incapable de retrouver le même sentiment quà l’instant où je les ai réalisés. Chaque illustration correspond à un certain moment donné et une fois fini, c’est un peu oublié. »
RV – « Je n’ai pas recherché un style particulier mais j’ai juste mélangé mes différentes influences. Même si c’est un peu bancal parfois, j’aime bien trouver mon propre chemin en empruntant les codes d’autres styles.
Au tout début, j’ai beaucoup travaillé avec Illustrator mais j’ai toujours plus ou moins exploré le même univers. Je suis repassé à Photoshop pour travailler de l’illustration et comme j’aimais bien l’illustration de mode j’ai un peu essayé de copier le genre. J’ai juste rajouté de la typographie et trouvé des phrases qui faisaient référence à ce que je pensais.
Pour le moment je refais des collages digitaux car j’apprécie le côté plus spontané et plus abstrait. J’aime bien le look des livrets scannés, des affiches déchirées dans les rues et des fanzines un peu punk. »
RV – « En général, le fait d’être représenté par Colagene m’a vraiment fait évoluer et permis de tenter d’autres approches pour mes travaux. Donc dans ce sens, je ne trouve pas qu’il y ait une expérience qui se détache plus des autres.J’ai aussi connu mon lot de trucs bancales, de réalisations qui ne sont pas proches de mon univers, souvent dû à une mauvaise compréhension ou un manque de flexibilité de ma part.Parfois un client aime le style mais a une toute autre idée de la façon de réaliser le projet. J’aurai certainement approché différemment si j’avais eu le contrôle total.Ce n’est pas une mauvaise chose en soi et ça peut être intéressant de sortir de sa zone de confort. Ça peut aussi être très démotivant de voir que l’on n’apporte plus rien de personnel au projet, quand c’est juste de l’exécution mécanique. »
RV – « Ok, je vais être honnête, professionnellement j’ai actuellement besoin d’un emploi fixe avec un revenu régulier et de continuer mes illustrations en parallèle. Jongler avec l’insécurité de revenu est devenu trop pesant cette dernière année donc j’espère sincèrement pouvoir trouver un emploi dans le secteur créatif. A bon entendeur !Sinon, je continue à créer mes propres illustrations, j’ai d’autres projets de blog artistique, d’exposition mais c’est encore à travailler. »
RV – « Ces réseaux ont vraiment été vitaux pour moi. Avoir des portfolios onlines est primordial pour qu’un maximum de gens puisse découvrir ce que l’on fait.
Ce n’est pas en restant en Belgique que j’aurais pu avoir autant de reconnaissance et d’opportunités.
Je n’ai quasi jamais eu de clients Belges, deux je crois, depuis 15 ans.
C’est assez amusant et à la fois un peu bizarre, donc heureusement que je me suis « exporté ». Le fait de parler anglais m’a assez aidé je crois.
Internet est plus que nécessaire afin de me mettre en contact avec d’autres artistes que j’admire et également, en découvrir quotidiennement des centaines d’autres et cela, dans toutes les disciplines confondues.
Cependant, la reconnaissance n’est pas forcément gage de projets, de nouveaux clients. Ce n’est pas la panacée mais c’est quand même valorisant de voir son travail partagé dans le monde entier. »
RV – « Je ne suis pas un expert en retouche photo car quand je travaille dans ce style, c’est plutôt du collage un peu instinctif que je pratique.
Je crois qu’il faut parfois considérer le côté commercial tout autant que l’artistique, sans pour autant vouloir créer ce qui a déjà été fait, mille fois auparavant. C’est bien d’avoir plusieurs disciplines dans sa poche afin de pouvoir passer de l’une à l’autre et d’enrichir son univers. »
Et bien, nous en savons maintenant plus à propos de ce superbe artiste, RAPHAEL VICENZI, ou devrais-je plutôt dire my deadpony.
Merci beaucoup pour ton temps et pour toutes ces précisions, nous te souhaitons bonne chance pour tes futurs projets et attendons vite de nouveaux travaux de ta part !
Je suis retoucheur photo pour les studios photo et créateur d’images pour les agences de publicité. Je suis un grand fan de Photoshop et de montage photo.
J’ai créé le site La Retouche photo pour aider les photographes, et surtout pour partager ma passion avec les passionnés.